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Le business génialement immoral d’Airbnb

21 janvier 2016

Avoir une bonne idée et se faire beaucoup d’argent sans innover ni prendre de risque. Certains en rêvent. Airbnb l’a fait.
Les fondateurs d’Airbnb ont de quoi être satisfaits. Crée en 2008, leur site propose aujourd’hui plus de 1,5 million d’annonces dans 34.000 villes et 192 pays. À la base de leur business, une bonne idée: permettre à n’importe quel particulier de louer un bien immobiliser pour se faire un peu d’argent ou séjourner à l’étranger. Le genre d’idée qui aurait pu donner lieu à la création d’une entreprise collaborative si les fondateurs d’Airbnb ne l’avaient transformé en une société de courtage extrêmement profitable mais surtout totalement imprudente. Non que le risque n’existe pas –il est même plutôt élevé – mais les dirigeants se sont arrangés pour le faire porter intégralement par d’autres qu’eux. Si on y ajoute une main d’œuvre gratuite, une valeur technologique proche de zéro, on comprend aisément combien le succès d’Airbnb reste fragile.

Commençons par le risque. Le business de Airbnb entraîne les utilisateurs à se placer dans une situation d’illégalité puisqu’il s’agit d’une source de revenus considérables non soumise à déclaration pour la majorité des utilisateurs du site. Ce n’est pas un vague soupçon mais une réalité de notoriété publique. Dans une étude réalisée en 2014, seuls 15% des utilisateurs de plateformes du type Airbnb avaient l’intention de déclarer les revenus tirés de leur location. À Paris, un tiers des offres relèveraient du marché noir. À Barcelone, le phénomène a pris une telle ampleur que la municipalité dirigée par Ada Colau, l’égérie des indignés, en a fait un combat à part entière. En décembre, elle a lancé plusieurs procédures contre Airbnb «pour avoir fait la publicité de logements qui n’étaient pas inscrits au registre du Tourisme de Catalogne ou pour ne pas avoir répondu aux exigences de l’administration».

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Source : Slate.fr, article rédigé par Richard Vainopoulos