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Une manne pour le développement économique?

26 février 2018

Extrait de l’article d’Hélène Roulot-Ganzmann paru le 17 février 2018 dans Le Devoir.

Culture, art de vivre, nature, neige… le Québec a de sérieux atouts pour attirer la clientèle bleisure. Force est pourtant de constater que, pour l’instant, l’offre n’est pas clairement établie et que les régions ne mesurent pas les retombées de cette tendance.

L’idée sous-jacente, c’est que, si la nouvelle génération souhaite profiter de ses déplacements d’affaires pour faire du tourisme, les organisateurs de congrès vont devoir proposer des destinations qui font rêver. Et si le Québec n’a pas de cocotiers ni de grandes plages de sable fin à offrir, la province a cependant de nombreuses propositions intéressantes.

Bleisure régional

Steeve Gagné est président de l’Association des professionnels de congrès du Québec (APCQ) et délégué commercial et marketing à Tourisme Victoriaville et sa région. Le 21 novembre dernier, l’association organisait une journée des acteurs du tourisme d’affaires qui avait pour thème Renforçons nos régions : parlons affaires, pensons tourisme. Il y a été question de bleisure.

« Mais je dois dire que, pour l’instant, en région, c’est une tendance que nous ne mesurons pas, note-t-il. On se demande même si c’est un mythe… nous lisons beaucoup de choses sur le sujet. On se dit que peut-être cela va arriver jusque chez nous à l’avenir. On l’attend cette nouvelle génération qui veut vivre les congrès autrement. Mais pour l’instant, nous ne la voyons pas. »

Il admet cependant que certaines régions du Québec ont plus à offrir que Victoriaville et ses alentours. Montréal, Québec, mais aussi les Laurentides avec le mont Tremblant, qui dispose à la fois d’infrastructures modernes susceptibles d’accueillir de grands congrès et de possibilités de loisirs plein air et sportifs. Le Saguenay ou Charlevoix aussi peut-être.

« Il faut tout de même avoir quelque chose de suffisamment remarquable à proposer pour que cela intéresse une clientèle internationale », conclut M. Gagné.

Nancy Lambert est directrice tourisme et congrès à Saint-Hyacinthe Technopole. À la suite de la fermeture de l’hôtel des Seigneurs, qui abritaient le centre des congrès de la ville, la municipalité a décidé de prendre le tourisme d’affaires à sa charge. Un nouveau centre des congrès municipal vient d’ouvrir ses portes et il sera jumelé à un hôtel Sheraton d’ici le mois de juin.

« Nous revenons donc dans le secteur du tourisme d’affaires, indique Mme Lambert. Lorsque nous l’avons quitté il y a quatre ans, on parlait encore très peu du bleisure. Mais là, nous allons y être très attentifs. Nous avons pris soin de mettre en place une offre de divertissement susceptible de satisfaire cette clientèle. »

Un bureau de Tourisme Saint-Hyacinthe se trouvera d’ailleurs directement dans le centre des congrès afin de diriger les congressistes et autres exposants. L’hôtel offrira également le tarif négocié deux jours avant et après l’évènement. La municipalité communique également sur les boutiques, les restaurants, le cinéma accessibles à distance de marche, ainsi que sur le parc Les Salines, tout proche également. Ces attraits peuvent attirer le congressiste ou sa famille, désireux de profiter du déplacement professionnel pour s’adonner aux joies des sports d’hiver notamment.

« Il y a des possibilités de développement économique pour les régions, soutient Paul Arseneault. Si elles arrivent avec une proposition intelligente et raisonnée. La clientèle bleisure est d’autant plus importante qu’elle arrive avec un portefeuille bien rempli, la majorité des dépenses étant prises en charge. Il y a des moyens de maximiser cet effet de levier. »

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Photo : Sheraton et Centre de congrès de Saint-Hyacinthe